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Le mot du Directeur Diocésain



A l’Ecole de la Liberté
 
 Le 31 décembre 2009, la Loi dite Loi Debré, a fêté son 50ème anniversaire.
En organisant les rapports de l’Etat et de l’Enseignement Privé dans le cadre des Contrats d’Association, elle consacre la liberté d’enseignement et garantit aux parents le droit d’inscrire leurs enfants dans l’école de leur choix.
A ce titre, elle est fondatrice du Projet de l'Enseignement catholique, dont elle reconnaît le caractère propre. 
 
50 ans après la Loi Debré, 25 ans après la loi Rocard,  sans verser dans une quelconque commémoration nostalgique, l’Enseignement Catholique a le devoir de s’interroger sur la manière dont il jouit des droits et s’acquitte des devoirs inhérents à la liberté scolaire voulue par le législateur.
 
      Les devoirs d’abord :
Associé à l’Etat par contrat, pour chacun de ses établissements, l’Enseignement Catholique participe à l’œuvre nationale d’éducation de la jeunesse, en échange d’un certain nombre d’obligations : respect des horaires et programmes scolaires, statut et formation des Maîtres, préparation aux examens, etc…sous le contrôle du Ministère de l’Education Nationale.

Mais au-delà de ses obligations légales, dont elle s’acquitte consciencieusement, l’école catholique a le devoir impérieux de tirer le meilleur profit de la liberté que lui reconnaît la République, en innovant, en expérimentant dans ses trois champs de compétences : la pédagogie, l’éducation, la pastorale.
La question vaut d’être posée, en Haute-Loire comme ailleurs : « 50 ans après, Ecole catholique, que fais-tu de ta liberté ? 
Quel profit en retires-tu au service des élèves qui te sont confiés par les familles, au service de la Nation qui t’associe à sa grande œuvre éducative ?
As-tu, chaque jour, l’audace et le courage d’innover, d’inventer de nouveaux chemins d’enseignement, d’éducation et d’éveil à l’Amour de Dieu, puisque telle est ta spécificité ?
Comment parviens-tu à concilier l’affirmation de ton caractère propre, reconnu par la loi, et le respect de la liberté de conscience des jeunes que tu accueilles, comme la même loi t’en fait l’obligation ? »
A nous tous, qui constituons la Communauté éducative de l’Enseignement Catholique, d’apporter les bonnes réponses à ces interrogations de fond, en agissant chaque jour au service des élèves et de la Nation, avec le souci permanent de tricoter ensemble le fil de la liberté et le fil des convictions.
 
 
       Les droits ensuite :
Il ne saurait y avoir d’exercice réel de la liberté sans les moyens qui l’autorisent. C’est le principe même des lois Debré et Rocard qui ont assorti les Contrats d’Association d’une obligation de financement de l’enseignement privé par la puissance publique.
L’Etat paie les enseignants et les Collectivités locales ont l’obligation de payer les dépenses de fonctionnement des établissements, par le biais du Forfait d’Externat. Ce n’est pas une subvention volontaire qu’elles versent aux établissements privés d’enseignement. C’est une contribution obligatoire, calquée sur le coût réel d’un élève du public du même niveau.
 
 
En Haute-Loire, grâce au climat de confiance qui existe depuis toujours entre l’Enseignement Catholique diocésain et les Collectivités locales, les relations sont faciles et fructueuses ! Mais pour autant, l’école catholique ne doit pas s’assoupir sur la douce certitude que ses droits sont intégralement respectés. Elle doit rester en dialogue permanent avec les Élus, pour obtenir la revalorisation des Forfaits qui sont versés aux établissements, afin que le principe de la parité des coûts de fonctionnement, entre un élève du privé et un élève du public, soit rigoureusement respecté et régulièrement remis à niveau. Sans heurts ni tensions inutiles, sans angélisme non plus. Mais dans un dialogue serein et réciproquement respectueux.
 
Alors, oui, quand sont respectés les droits et devoirs de chacun tels que les définit la loi, l’école catholique peut remplir sa véritable mission : éduquer les jeunes à la liberté ! Les aider à faire des choix de vie ; leur faire découvrir les chemins de l’autonomie et de la responsabilité.
Si notre finalité n’était pas celle-là, à quoi nous servirait notre liberté ? Pire encore, à quoi servirait à la Nation de maintenir un enseignement privé à côté de l’enseignement public, si celui-là ne se distingue en rien de celui-ci ?
Notre réponse doit transparaître dans nos actes. A nous, dans nos établissements, au quotidien, de « vivre la liberté pour éduquer à la liberté ».
 
Bonne année scolaire 2009-2010, à toutes et à tous,
à l'école de la liberté.

Jean-Paul LAVAL
Directeur Diocésain Haute-Loire

 

 

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